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    Salut vieux pote !


    Salut vieux pote que je croise tous les matins, que je croisais quand j'étais môme, lorsque ma mère m'emmenait dans ce petit jardin, ce square, je me souviens même avoir vu des poissons rouges dans le bassin mais je n'en pas très sûr.

    Nous n'avons jamais parlé tous les deux, pourtant tu es là, de même humeur, la manche retroussée sur ton avant bras, solide dans tes sabots, comme un roc sur ton socle.

    Tu ne te souviens pas de moi, tu en vois tellement, tu en as tellement vu, tu n'as pas changé, moi le gosse en revanche, j'ai pris l'adulte en pleine figure, quelle collision.

    Ça me fait du bien de te voir tous les jours, dans toutes les saisons.

    Tu es le cinquième point cardinal de cette ville, on a toujours l'impression qu'un matin, tu seras parti, la trace de tes sabots dans le sol, le socle vide. Parti, les deux manches retroussées dans la touffeur d'une nuit d'été. Alors, vieux pote, je te parle comme à un ami, à une connaissance, un visage familier. Je marche et toi tu es l

    Salut vieux pote que je croise tous les matins, que je croisais quand j'étais môme, lorsque ma mère m'emmenait dans ce petit jardin, ce square, je me souviens même avoir vu des poissons rouges dans le bassin mais je n'en pas très sûr.

    Nous n'avons jamais parlé tous les deux, pourtant tu es là, de même humeur, la manche retroussée sur ton avant bras, solide dans tes sabots, comme un roc sur ton socle.

    Tu ne te souviens pas de moi, tu en vois tellement, tu en as tellement vu, tu n'as pas changé, moi le gosse en revanche, j'ai pris l'adulte en pleine figure, quelle collision.

    Ça me fait du bien de te voir tous les jours, dans toutes les saisons.

    Tu es le cinquième point cardinal de cette ville, on a toujours l'impression qu'un matin, tu seras parti, la trace de tes sabots dans le sol, le socle vide. Parti, les deux manches retroussées dans la touffeur d'une nuit d'été. Alors, vieux pote, je te parle comme à un ami, à une connaissance, un visage familier. Je marche et toi tu es là, immobile, je crois t'avoir vu bouger un peu la tête mais c'est comme les poissons rouges dans le bassin, je n'en suis pas très sûr.


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