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    Ce sont deux jeunes hommes


    Ce sont deux jeunes hommes que leurs conditions de vie difficiles ont amené jusqu’à nous, deux jeunes hommes d’ailleurs, généreux, souriants, volontaires, amicaux, réceptifs, dévoués. Ils ont un cœur immense, rempli de place pour les autres quand certains ont fermé le leur, verrouillé comme un coffre-fort pour des motifs inhumains.

    Ils ont dans le regard, non pas la voracité que certaines âmes sombres veulent y lire, mais le besoin de poser leurs pieds sur une terre qui n’est pas hostile.

    Comment peut-on leur en vouloir d’être uniquement pour ce qu’ils sont, de jeunes hommes qui comme tout être humain, aspirent à la tranquillité de vivre sereinement, de partager oui, de partager, n’en déplaise à ces nez qui se retroussent, à ces yeux qui flinguent tout ce que leur logiciel étriqué ne reconnaît pas.

    Comment peut-on vouloir que ces deux jeunes hommes disparaissent de l’espace public à cause de leur couleur de peau ? Parce que des esprits nauséabonds ont théorisé leur propre angoisse de disparaître sous leur inculture et leur manque de savoir vivre ensemble, parce que des cerveaux mal embouchés ont l’urticaire des lâches, ces démangeaisons qui empêchent d’aller vers l’autre, de tendre la main, de comprendre, d’admettre, de ne pas peser un être humain sur la balance de ses origines, de sa langue ou de sa couleur mais juste de le considérer comme un être humain.

    Car dans le postulat qui est celui du mal qui ronge cette ville et le rongera jusqu’à l’os si l’on reste assis à regarder le mauvais film qu’on nous projette, il n’existe aucun égalité, aucune fraternité et encore moins aucune liberté pour celles et ceux qui ne ressemblent pas au standard établi par les tenants de l’inhumanité.

    Ces deux jeunes hommes sont un milliard de fois plus fréquentables que certains bouches tordues de haine, que certaines mains inamicales.

    Il y a urgence à réfléchir à la place de l’autre, car l’on sait très bien que l’autre peut apparaître hostile pour d’autres raisons que celles déjà évoquées ici et que très vite, l’ennemi de ceux qui veulent le pouvoir local peut être juste celui qui refuse de penser comme eux.

    Le vrai danger, c’est cette tartine de confiture qu’ils nous tendent et sous la couche de laquelle, une marmelade de verre pilé nous attend.


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