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    "Déjà en refusant de banaliser 
    l'extrême-droite"

    Elevons le débat avec Laurent Aucher, Maître de conférences HDR en sociologie à l'université d'Orléans, chercheur en CEDETE et memble de l'AISL, qui nous a fait parvenir ce texte 


    Ce texte a été écrit le samedi 18 juillet 2026 dans le hall d'embarquement d'un aéroport parisien. Il prend la forme d'un inventaire à la Prévert, c'est-à-dire d'une liste d'éléments personnels et/ou collectifs à tonalité critique qui, dans le cas présent, ont tous en commun de se référer à l'élection au printemps dernier à la mairie de Vierzon de Yannick Le Roux, policier de profession, dit "sans étiquette" mais clairement apparenté à l'extrême-droite

    Le regard triste de Corinne Ollivier, la maire sortante, croisé le soir du second tour dans une salle de la maison commune. 

    En octobre 2025, lors de l'inauguration à Vierzon de l'allée Samuel-Paty, dans le périmètre du lycée Édouard Vaillant, c'est la même personne qui avait jugé nécessaire de citer cette phrase de Bertolt Brech : "Le ventre est encore fécond d'où a surgi la bête immonde" 

    Ce même soir d'élection, la jubilation des soutiens de Yannick Le Roux dans la salle des actes de la mairie Dans le même ordre d'idées, la joie palpable des policiers nationaux présents dans la cour du bâtiment 

    Quelques jours après l'élection, relire "Matin brun" de Franck Pavloff

    M'être dit : "On y est." 

    Entendre, sidéré, cette interview du maire dans laquelle celui-ci déclare que, depuis son élection, "les gens ont retrouvé le sourire", que la situation de Vierzon peut être comparée à celle de Berlin au moment de la chute du Mur Sidéré, encore, il y a quelques jours, lorsque j'ai lu dans le journal local qu'il avait appris la mise en place d'un plan social à Durkopp (licenciement de 51 salariés sur les 119 que compte l'usine vierzonnaise) sur les réseaux sociaux 

    En contrepoint, ma joie de découvrir un jour une première vidéo satirique sur la page Facebook "Les Brel de Vierzon". Apprendre que le véhicule personnel du député communiste, Nicolas Sansu, ainsi que celui de sa femme ont été vandalisés durant la nuit 

    Choix de ce même député d'organiser une commémoration de l'abolition de l'esclavage après que le maire ait pris la décision de l'annuler cette année pour des raisons financières 

    L'inaction de l'actuelle municipalité en termes de projet à plus ou moins long terme s'accompagne d'une petite musique dont la tonalité principale vise à disqualifier ses opposants, notamment politiques, et à fragiliser davantage encore les plus précaires : accuser l'ancienne municipalité de mauvaise gestion, revoir à la baisse les aides sociales, faire porter sur les plus fragilisés la responsabilité de leur situation en passant sous silence le rôle des structures sociales et les effets des politiques libérales sur ces derniers, etc. 

    La petite musique extrême droitière ne s'incarne pas seulement dans les idées mais aussi dans les mots 

    Les termes "cassos" ou "gauchiasses", par exemple, deviennent monnaie courante dans nombre de cercles, les réseaux sociaux jouant un rôle d'amplification

    En toute logique, cette disqualification à grand bruit participe d'une normalisation : ce qui, hier, n'aurait pu être dit publiquement, sinon accompagné d'une levée de bouclier, passe aujourd'hui comme une lettre à la poste 

    Apprendre médusé que le maire de Vierzon n'habite pas factuellement à Vierzon

    Il semble que plusieurs autres élus de sa majorité soient dans le même cas Me souvenir de cette phrase extraite, là encore, de "Matin brun" : "Résister davantage, mais comment ?" 

    Déjà en refusant de banaliser l'extrême-droite




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