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    Pascale Dietrich, une auteure de polars à Vierzon

    Pascale Dietrich a voulu voir Vierzon, elle a vu Vierzon, sa gare, son camping, ses rues, tout le décor qu'elle a mis dans son livre L'agent, une histoire de tueurs à gages et de mamie en cavale à.... Vierzon ! Pascale Dietrich est venue dédicacer son livre à la librairie le Grand Meaulnes, avenue de la République.

    Et après, Vierzonitude l'a emmené en balade, partout où son livre parle de Vierzon. La gare de Vierzon qui lui sert de lien lorsqu'elle va à Bourges. Le camping de Bellon où se cachent le tueur à gages et la mamie en cavale.

    Quel aimant que cette ville de Vierzon ! A raconter son histoire, ses quartiers, ses industries, son destin, sa politique, Pascale Dietrich y a trouvé un sujet passionnant pour son métier de sociologue, un fabuleux terrain d'observation et d'étude, ses quatre grands quartiers, son habitat, ce sentier de petite ville qui serpente entre fatalisme et espoir, sur-place et changement, mais quel changement ?

    Pascale Dietrich a choisi Vierzon comme décor parce qu'il fallait que ce soit Vierzon dont elle entend le nom, si souvent, dans le train qu'elle prend. Cette ville de passage, cette ville de surprises, cette ville de décor de roman. En venant signer à la librairie vierzonnaise qui s'est ouverte pour le plus grand bonheur des lecteurs, Pascale Dietrich ancre ainsi la valeur de l'écriture, de la lecture, dans une ville qui n'avait plus de librairie et plus de salon du livre, non plus, cette année.

    C'est sûr, elle reviendra voir Vierzon. Vierzonitude ne lui a pas tout montré et si par hasard, l'histoire de son livre doit se tourner, c'est à Vierzon qu'il faudra le faire, a-t-elle dit, en découvrant cette ville si peu semblable aux autres, chargée de tant d'histoires d'hommes et de femmes que sa fiction est venue nourrir un peu plus. "Tous les chemins mènent à Vierzon", a-t-elle écrit.

    Et si c'était vrai ?




    Le chien court avenue d'Antrioche qui se jette, à pleine bouche, dans la mer. La nuit suinte encore la sévère chaleur du jour. Tu viens d'obliquer sous ton drap léger. Tu enfonces sous tes paupières la brutalité de ta fatigue jusqu'au désir de dormir longtemps, lourdement, pendant cette nuit de garde, constellée d'incertitudes.

    Le chien court avenue d'Antioche.

    La truffe dressée dans l'heure tardive. Entre la lune qui veille ceux que le sommeil déserte et la lune qui recouvre ceux que le sommeil harasse. Tes seins hérissent l'absurde nudité de ta solitude. Et mes pas, même doubles, sur la route fumante des degrés Celsius en trop, peinent à suivre la marche de l'animal devenu d'un coup sans compagnie. Je cherche une histoire à sécher sur l'estran. Embarcation de mots prête à prendre la marée. Le néant. Encore un jour sans rien, un jour sec et grillé sous le soleil infernal. A chercher le sens des courants capables d'irriguer mes frissons vers une hypothétique fraîcheur humaine.

    Le chien court avenue d'Antioche.

    Le nez collé à l'esprit du bitume. Stupidité mécanique rythmée par son instinct. Ton souffle, je le sens voler sur mon torse, sur mes lèvres, sur mes doigts, sur ces parties de moi que ta bouche régale. Je ne sais pas que le bonheur, aussi, se cristallise sur des parois improbables, sur la surface du sommeil, de l'aube, du silence à peine habité. Derrière le rideau de la nuit, mes yeux ouverts comme des trappes, cherchent toujours à décomposer la formule chimique de l'obscurité. Tu m'as dit détester ton biper dans la nuit. Ce hurlement soudain t'arrache des sueurs, te griffe la peau embuée de tranquillité. Cri strident, appel à la peur, risque à courir.

    Le chien court avenue d'Antioche.

    Je traîne, aveugle, ma vie barbouillée vers tes bras, vers ta peau qui dompte avec élasticité mes exercices de style. Je me trouve beau face à tes rires, face à ces compliments dont tu me distingues. Tu souris, tu dors, tu souris en dormant, d'une tendresse frappante. Je ne sais pas ces détails livresques de ton intimité. Je ne sais pas tout.

    Le chien court gaiement avenue d'Antioche.

    Tu m'as dit, cette nuit-là, avoir curieusement aimé la sonnerie de ton biper. Tu as entendu comme la musique d'une échéance. Une étrange douceur encercler ton habituelle angoisse. Une lueur sans besoin d'explication. Je regarde le ciel avec des rides aux yeux et de la pluie dedans. L'eau glisse toujours rapidement sur la terre sèche. J'ai surtout peur d'avoir trop peur en vol. Mes mains battent l'air d'un stupide scénario. Tu baignes dans ton lit, pour quelques minutes encore. Jamais je n'aurais pensé caresser ta géo-politique avec des gestes pointillés sur tes frontières mouvantes. J'habite tes continents comme dans des chambres d'hôtel avec ce même étonnement d'être ici et partout.

    Le chien court avenue d'Antioche.

    Avec une obstination délibérée à s'éloigner de sa seule autorité en l'occurrence moi. J'attends en vain un réflexe particulier pour me croire pareil à tous les autres, ou du moins à une grande majorité. C'est-à-dire habiter d'une autre qui n'a pas encore tes traits mais dont je ressens la fiction comme une approche acceptable de la réalité. Je ne sais vraiment rien de rien. Tu viens de repousser le drap à la hauteur de ton ventre. Je suis fasciné par son attraction. Ta main s'y est posée comme une aile. Je pose la mienne avec la précaution du secret. Dans quelques minutes, ton biper t'attachera à la terre ferme.

    Le chien court avenue d'Antioche.

    Dans le silence stupide d'une nuit remplie d'arrière pensées. Je suis derrière, le coeur battant, pressentiment fragile du drame à venir. Il y a un virage, une voiture, un chien courant avenue d'Antioche et combien de possibilités mathématiques pour que ces trois éléments se percutent en même temps ? Ton biper dresse ton corps nu. Je t'aime ainsi. Quand ma bouche contacte ta peau humide, de l'oreille à ton cou, du cou à tes seins, de tes seins au reste de la galaxie.

    Le chien ne cour plus avenue d'Antioche.

    Mais la voiture perce la brutalité de la nuit sans avoir ralenti. Tes yeux savent les miens, gourmands au bord, amoureux au centre, tristes au fond. Je me mets à courir vers la mer meurtrière. La route digère déjà une ombre massive, sans oscillation visible. Les matières inertes sont sans pitié entre elles.

    Je cours avenue d'Antioche essoufflé de désespoir.

    Ton biper tue finalement ton sommeil. Il te plonge dans la lumière de ton appartement. Exposée à l'évidence du jour à venir. Je suis seul avec mon chien et son doute de vie dans les poils.

    Je ne peux plus courir avenue d'Antioche.

    Mes bras sont lourds d'une vie trop légère. J'aime tes bras autour de moi. C'est une certitude d'existence. Et tes mots à tête chercheuse scrute mon plaisir à la façon d'une science.

    Mon chien sent déjà la mort mouillée avenue d'Antioche. Je te vois poser ton corps amant contre mon corps grossier.

    Le chien ne court plus avenue d'Antioche.

    Mais la mer ne s'est pas arrêtée pour autant. Tu m'accueille avec mon regard affolé, ma tête d'insomniaque et mon paquet de chien déjà timbré pour la mort. Je le pose comme à tes pieds, offrande inutile pour le reste de la vie à venir. Nos regards comprennent avant notre conscience respective l'étendue de ce voile qui nous recompose. Je ne murmure rien. Je soupire juste le cubage du drame. Comme si je retirais l'existence à mon existence. Nous sommes de chaque côté de la bête.

    Tu me souris quand même. C'est plus fort que toi. Je te réponds, c'est crucial pour moi. Le chien nous quitte. Sans forcer la souffrance dont il se débarrasse pour courir plus vite avenue d'Antioche, probablement, ou sur d'autres avenues moins fréquentées. J'entends ta voix humaine au-delà de l'au-delà animal. Tu me demande son nom. Il s’appelle Hasard. Tu ne me crois toujours pas. C'est pourtant vrai.

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