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    Les chroniques de l'hystérique

    Le grand complot du nom oublié
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  • Les chroniques de l'hystérique
  • 15 août 2026 par
    RB & B
    | 1 Commentaire


    Bienvenue dans Les Chroniques de l’hystérique !  

    Commençons par le commencement, pourquoi l'hystérique ? Parce que depuis la campagne municipale, certains hommes ont trouvé cette qualification particulièrement pratique pour parler de moi, évidemment quand une femme parle fort, répond, contredit, insiste, refuse de sourire poliment pendant qu’on lui explique la vie, il paraît qu’elle devient hystérique. A cela, évidemment se sont ajoutées les remarques sur mon physique, les blagues graveleuses et quelques autres délicatesses dont le débat politique local semble parfois avoir le secret

    Alors puisque l’étiquette m’a été généreusement offerte, j'ai décidé de la recycler. C'est mon côté écolo ça !

    Pour cette première chronique, j'ai décidé de m'intéresser à l'affaire d’État qui a secoué Vierzon hier : le maire n’a pas vu son nom dans une brève du Berry Républicain ! 

    Oui, oui, son nom
    Pas une cérémonie annulée, pas une décision municipale passée sous silence, pas non plus une erreur sur les victimes auxquelles on rend hommage, non, juste son nom

    ​« Le complot du stylo sélectif »

    Dans sa publication, Yannick Le Roux explique que Le Berry Républicain aurait une drôle de conception de l’information locale puisque, selon lui, « tous les élus de gauche » auraient droit à leur nom tandis que, pour ceux de droite, « le stylo s’est fait plus sélectif »

    Diantre ! 

    Le terrible stylo gauchiste du Berry aurait donc encore frappé, sauf qu'avant de convoquer le grand procès du pluralisme, il suffisait de regarder les documents officiels. Et là, c’est tout de suite beaucoup moins spectaculaire ! 

    Dans le programme diffusé avec l’en tête de l’Assemblée nationale, sont expressément nommés Georges Druesne, Franck Michoux, Mélanie Chauvet et Nicolas Sansu 

    Dans l’autre document officiel concernant les cérémonies de Vierzon et Méreau, que lit-on ?

    Pas Yannick le Roux « Maire de Vierzon »,  juste « Maire de Vierzon »

    Autrement dit, lorsqu’on met côte à côte la brève du Berry et les documents ayant servi à annoncer les cérémonies, une hypothèse infiniment moins excitante que la machination politico-journalistique apparaît, celle que le journaliste a tout simplement repris les informations et les noms figurant dans les communiqués

    C’est fou comme les complots deviennent parfois extrêmement chiants quand on regarde les pièces du dossier

    Rien, dans ces documents, ne permet en tout cas de démontrer que le journaliste aurait volontairement décidé de se dire « Tiens, aujourd’hui je vais citer les gauchistes et effacer le maire d'extrême droite », mais sur Facebook, évidemment, la nuance voyage moins vite que l’indignation. Et pour changer, la meute arrive, attirée par l'odeur du sang 

    Parce qu’une fois le soupçon lancé depuis la page du maire, les commentaires n’ont pas tardé, le Berry Républicain devient « L’Huma version Berry », « 200 % cocos et gauche défoncée », on nous explique qu’il relaie tantôt la « propagande macroniste », tantôt la « propagande communiste ». On propose même au maire de créer un nouveau média local, indépendant, bien entendu !  Un média créé autour du maire pour remplacer le journal accusé de manquer d’indépendance. J'avoue que j'éprouve une certaine tendresse pour cette idée 

    Et puis, fatalement, Rémy finit par apparaître dans les commentaires, oui, le contraire aurait été étonnant

    Parce qu’à Vierzon, manifestement, il est possible de partir d’une brève annonçant une commémoration des victimes de la barbarie nazie et d’arriver, en quelques commentaires Facebook, à « un certain Mr B », performance remarquable ! L’un des commentaire explique ainsi qu’un « certain Mr B » écrit pour le Berry et suggère qu’il faudrait peut être « creuser » cette piste, avec en prime le député et une supposée « jalousie de l’extrême gauche », bien sûr....

    Je pense sincèrement que Sherlock Holmes peut ranger sa loupe ! Nous avons résolu l’affaire du siècle, si le nom du maire ne figure pas dans une brève, c’est probablement Rémy, l’extrême gauche, le député, le Berry, les communistes et peut être le colonel Moutarde dans la bibliothèque avec le chandelier, surtout ne regardons pas les communiqués officiels, ce serait gâcher l'enquête ! 
     
    « Je n’ai visé personne »

    Le maire répond ensuite qu’il n’a « absolument visé personne », techniquement, c'est vrai, je vais lui laisser ça puisqu'il n'a écrit aucun nom de journaliste. Il a simplement publié devant des milliers de personnes qu'un journal local pratiquerai une information politiquement biaisée, avant de laisser prospérer en dessous les accusations de propagande et les petites théories concernant ceux qui gravitent autour de ce journal

    Vient le moment où une personne lui reproche d’attiser les tensions, et là le raisonnement devient encore plus intéressant, le maire explique condamner les propos vulgaires ou diffamants, très bien! Mais il ajoute qu’il faudrait demander aux « blogueurs de lever le pied », puisque lorsqu’ils se mettent « en retrait 2/3 jours », les réseaux s’apaisent

    Et voilà ! Nous y sommes ! Le formidable concept de la liberté d'expression à sens unique

    Reprenons donc : Pendant la campagne municipale, nous avons été cités, interpellés et désignés à de multiples reprises dans des publications et des prises de parole politiques, Vierzonitude dérangeait, Rémy dérangeait et moi aussi, manifestement. Nous avons encaissé les insultes, les attaques personnelles, les remarques sur le physique, les sous entendus, les surnoms et tout ce que produit une foule numérique lorsqu’on lui désigne suffisamment longtemps les mêmes personnes comme responsables du mauvais climat 

    Et aujourd’hui, la solution pour retrouver la sérénité serait donc… que nous nous taisions ? Magnifique ! Non, vraiment, il fallait y penser 

    Un responsable politique peut publier contre un journal, ses soutiens peuvent expliquer que ce journal fait de la propagande, ils peuvent soupçonner un journaliste ou un blogueur d'être derrière ça, ils peuvent parler de « gauche défoncée », de « cocos », d’« extrême gauche », mais nous, blogueurs, devrions « lever le pied » ?

    Parce que voyez vous, lorsque nous ne parlons plus pendant deux ou trois jours, tout devient calme. Evidemment !

    Quand celui qu’on critique ne répond plus, il y a beaucoup moins de disputes, c'est juste mathématique

    On peut aussi supprimer toutes les oppositions municipales , les conseils municipaux seront nettement plus paisibles. On peut aussi fermer les rédactions ça évitera les articles désagréables (enfin, seulement ceux des rédactions dites de gauche, évidemment. Ne touchons surtout pas à Valeurs Actuelles ou Frontières)


    On pourrait appeler ça « l’apaisement » mais personnellement j'avais un autre mot en tête


    Critiquer la presse est un droit, critiquer le maire aussi, soyons parfaitement clairs sur ce point. Yannick Le Roux a le droit de critiquer Le Berry Républicain, il a le droit de trouver un article mauvais, incomplet, injuste, déséquilibré ou même politiquement orienté, c'est précisément ça la liberté d'expression, mais la liberté d’expression ne contient pas une petite astérisque précisant une sorte d'offre spéciale réservée au maire et à ses soutiens et non valable pour les blogueurs qui l'agacent


    Nous avons exactement le même droit de regarder sa publication, de comparer ses affirmations aux documents disponibles et de dire, désolés, mais cette fois, l’accusation de parti pris ne tient pas et surtout, nous avons le droit de relever cette contradiction assez savoureuse qu'est celle de dénoncer publiquement un média au nom du pluralisme tout en expliquant quelques heures plus tard que certaines voix locales devraient parler moins pour que l’ambiance soit meilleure


    La démocratie ce n'est pas l'absence de bruit, la démocratie c'est précisément accepter que des gens vous répondent, même lorsqu'ils sont pénibles, même lorsqu'ils tiennent une page, même quand ils s'appellent Rémy, et même lorsqu'elles sont, paraît-il, hystériques...


    PS : pour la prochaine polémique, petit conseil gratuit : Avant d'accuser un journaliste d'avoir volontairement effacé votre nom pour des raisons politiques, vérifiez peut être si votre nom figurait dans les documents transmis à la presse. Ca évite les longues publications, ça évite les commentaires sur les cocos, ça évite de chercher Rémy sous chaque cailloux de Vierzon et surtout... ça évite qu'une hystérique en fasse une chronique.

    in Les chroniques de l'hystérique
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