L'Art Broc Café, place du Marché au Blé, a récemment annoncé sa fermeture définitive pour le samedi 22 août. Atypique, l'Art Broc s'était ancré dans le paysage bistrotier, de la ville et surtout de la place. Il n'en sera plus rien. Surtout dans un secteur, le quartier piéton, où les commerces se font de plus en plus rares. L'Art Broc laissera un grand vide sur une place où les bistrots, jadis, étaient nombreux : le café du Commerce, le café de la Corne, le café du Père Lunette, le Refuge...
Un bistrot qui ferme, c'est une tragédie. On le voit à Vierzon où d'autres, rideaux baissés, n'ont jamais pu retrouver un exploitant. Un bistrot qui ferme, c'est une communauté qui disparaît, une vraie, pas une numérique qui se forme sur les réseaux sociaux, non, une véritable, en chair et en os.
On ne reviendra pas sur le nombre de bistrot qui ont disparu dans cette ville, concentrons-nous sur ceux qui résistent, qui sont toujours debout, ou qui vont rouvrir comme l'ancien Paris-Bar, avenue de la République, qui va devenir un bar à cocktails. Surprise !
En revanche, on ne peut occulter un fait : foutez la paix aux bistrots qui restent, laissez les animer la ville, laissez leurs terrasses aux clients plutôt que de vouloir, à tout prix, "faire respecter la loi", au nom d'une logique stupide préférant la création de places de parking au détriment de tables, de chaises et de parasols. On pense bien sûr au Bistrot, place Aristide Briant. La mairie d'extrême-droite, après lui avoir repris deux places de stationnement veut en créer une autre, pile à l'endroit d'une jardinière, de tables et de chaises, sous les marronniers de la place.
Chaque bistrot vierzonnais joue son rôle, abrite des micro-sociétés, accueille, tempère, regroupe, pour toutes ces raisons, le bistrot est d'utilité publique. D'autant plus qu'il est un oasis bienvenu dans l'enfer des canicules à répétition.
Alors, un seul d'ordre, tous aux bistrots !