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    A Vierzon, bientôt le permis de penser

    Et le permis pour avoir le droit d'avoir un permis
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  • A Vierzon, bientôt le permis de penser
  • 7 octobre 2026 par
    RB & B
    | Aucun commentaire pour l'instant


    C’est formidable, Vierzon, on avait déjà le permis de construire, le permis de conduire et maintenant, doucement mais sûrement, on va nous inventer le permis de penser

    Première règle : ne dites plus « extrême droite »

    Ça les vexe !

    Hugo Morel, conseiller municipal UDR, nous explique désormais que le terme serait quasiment une insulte, parce que l’extrême droite, la vraie, voyez vous, ce serait les années trente, le parti unique, l’embrigadement de la jeunesse et tout le bazar

    Et Yannick Le Roux partage la vidéo, évidemment

    À Vierzon, on peut rêver d’une grande « union des droites », avoir comme directeur de campagne l’ancien co fondateur du FN, parrainer Marine Le Pen, accueillir les soutiens du Rassemblement national, fréquenter politiquement tout ce petit monde et ensuite pousser des cris d’orfraie quand quelqu’un ose appeler un chat un chat

    C’est pratique hein ?

    En revanche, « gauchiasse », ça vaaaaaaaaa.

    C’est pas une dérive lexicale, c’est un terme affectueux, comme punk à chien d’ailleurs 

    Deuxième règle : ne lisez pas n’importe quoi

    Un de leurs plus fidèles commentateurs s’est empressé de barrer l’Abécédaire de l’extrême droite de Thomas Portes par un magnifique « Interdit à la jeunesse française »

    Petit détail il précise lui même qu’il ne l’a pas lu  Pardon mais vouloir interdire un livre qu’on n’a pas lu, c’est quand même le degré supérieur de la critique littéraire

    Après tout, pourquoi s’emmerder avec les pages ?

    Un titre, une photo, deux préjugés et hop ! Autodafé mental

    Remarquez, c’est raccord avec l’ambiance, on juge les livres sans les lire, les spectacles sans les voir et les opposants sans les écouter, ça se tient 

    Troisième règle : ne vous moquez pas

    Parce que là, attention, commissariat ! 

    Vierzonitude connaît désormais tellement bien le chemin de la rue Mac Nab qu’on va finir par demander une carte de fidélité, dix convocations, la onzième offerte

    Cette fois, une plainte vise le partage d’une vidéo satirique des Brel de Vierzon, crime atroce !  Une vidéo partagée ! Prévenez Interpol enfin !

    On est donc toujours dans cette fabuleuse mécanique qui voudrait que Vierzonitude soit l’unique opposant de l’extrême droite à Vierzon 

    Vous pouvez nous traiter de gauchistes, de gauchiasses, vous foutre de notre gueule, commenter notre physique, nous caricaturer et nous prêter toutes les intentions du monde… Mais quand on vous répond par la satire, soudain, c’est Versailles en feu ? 

    Plainte ! Diffamation ! Scandale ! Maman !

    Il faudrait donc une démocratie dans laquelle l’extrême droite peut cogner, caricaturer, censurer, exclure et provoquer, mais où ses opposants devraient répondre avec un sourire, une tisane et une voix douce pour ne froisser personne ? Ben non les gars 

    La démocratie, c’est aussi supporter qu’on critique vos idées qu’on se moque de vos contradictions, qu’on démonte vos discours et même qu’on vous trouve franchement ridicules

    À Vierzon, on commence surtout à distinguer une drôle de petite musique,  entre ne dites pas « extrême droite », ne lisez pas ce livre, ne programmez pas ce spectacle, ne laissez pas entrer ce contradicteur, ne partagez pas cette vidéo, ne vous moquez pas, critiquez pas trop fort  … À force d’interdits, de plaintes et de susceptibilités, il ne restera bientôt qu’une seule chose autorisée : être d’accord

    Et là, bordel, il serait peut être temps de se demander qui a vraiment un problème avec la démocratie ? 

    Nous, on continuera à lire, écrire, rire, critiquer et à appeler l’extrême droite… l’extrême droite, même si ça vous donne des boutons


    in Les chroniques de l'hystérique
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    Le journaliste qui dérange, c'est bien. Sauf quand il est de Vierzon
    Soit le principe vaut pour tout le monde, soit ce n'est plus un principe


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