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    Une poitrine n’est pas un argument politique

    Ce soir, la limite entre opposition politique et humiliation personnelle a clairement été franchie
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  • Une poitrine n’est pas un argument politique
  • 30 août 2026 par
    RB & B
    | Aucun commentaire pour l'instant


    Bon ce soir je n'ai pas vraiment envie de rire...

    Un nouveau groupe est apparu ces derniers jours "Vierzon à droite et les patriotes", on avait décidé de ne pas en parler, pour éviter la surenchère... Raté !

    Sur le principe, je n’ai absolument rien à y redire, nous, nous avons Vierzonitude pour nous exprimer, défendre nos idées, commenter la vie politique locale, parfois avec humour, parfois avec colère alors que d’autres créent un espace pour défendre des idées différentes des nôtres, c’est parfaitement normal, ça s’appelle la démocratie, et on respecte ça contrairement à ce que voudraient laisser penser nos contradicteurs 

    Mais ce soir, quand une personne a estimé que je devais savoir ce qu'il se disait publiquement sur moi (j'insiste sur le publiquement, puisque ce groupe n'est pas privé, cette personne n'a pas eu à se cacher ou à tricher pour trouver ces conversations) j’avoue que je ne comprends plus très bien ce que la politique vient faire là dedans

    Expliquez moi simplement quel est le but de commenter mon physique, ma poitrine, ma tenue, mon visage? 

    Quel est le but de se demander si j’ai trop bu, de faire des allusions à la drogue, de rire de moi comme si j’étais devenue un objet qu’on pose au milieu d’une cour de récréation pour que chacun puisse venir donner son petit coup de pied

    Quel est le rapport avec mes idées ? 

    Aucun

    Le but est juste de rabaisser

    Et puisque certaines personnes semblent visiblement attendre de savoir si cela m’atteint, je vais leur éviter de chercher plus longtemps, oui, vous avez réussi

    Ça me blesse

    J’ai beau avoir pris une sacrée carapace ces derniers mois, j’ai beau avoir appris à encaisser les insultes, les moqueries et les attaques, je reste un être humain, et quand plusieurs personnes commentent votre corps, votre poitrine, votre apparence, pour rire ensemble et récolter les petits emojis qui vont avec, oui, ça finit par faire mal

    Et ce qui me fait sans doute encore plus mal, c’est que parmi les personnes qui participent à ça, certaines me connaissent, suffisamment, en tout cas, pour savoir que mon rapport à mon corps n’a jamais été quelque chose de simple, elles savent probablement très bien où appuyer

    Eh bien voilà, c’est fait

    Mais il y a quelque chose que je veux dire très clairement, jamais je ne ferai ça à une autre femme

    Je peux être en désaccord total avec elle, je peux combattre ses idées, je peux trouver ses arguments absurdes, ses positions dangereuses ou sa conception de la société à l’opposé de tout ce que je défends mais jamais je ne transformerai son corps en argument politique, jamais je ne commenterai sa poitrine, son poids, son visage ou sa tenue pour essayer de la faire taire

    Pas parce que je serais meilleure que qui que ce soit, non, simplement parce qu’il existe encore, à mes yeux, une putain de limite entre combattre quelqu’un politiquement et chercher à l’humilier personnellement

    Et je lance d’ailleurs un défi très simple à tous ceux qui, depuis des mois, nous accusent de salir, de harceler ou de diffamer ceux avec lesquels nous sommes en désaccord : retrouvez moi l’équivalent de ce que je viens de lire ce soir dans tout ce que j’ai pu écrire

    Cherchez, vraiment

    Retrouvez un endroit où j’ai organisé une discussion collective sur le physique d’une femme, retrouvez un endroit où j’ai insinué sans preuve qu’un opposant se droguait, retrouvez un endroit où je me suis marrée avec d’autres sur la poitrine, le visage ou le corps de quelqu’un

    Vous ne trouverez pas, parce que mes arguments me suffisent

    Et puis il y a Rémy

    Son âge devient un sujet de plaisanterie, on lui conseille « d’arrêter de s’arsouiller », alors même que certaines personnes qui écrivent cela l’ont suffisamment côtoyé pour savoir qu’il ne boit pas d’alcool, et maintenant viennent les sous entendus sur la drogue

    Pourquoi pas, après tout ! Quand on a décidé que la réalité n’avait plus tellement d’importance, autant inventer le reste, on balance une saloperie, quelqu’un renchérit, trois personnes rigolent et ça devient presque vrai puisque tout le monde s’amuse

    Concernant les insinuations sur la drogue, je vais donc répéter ce que j’ai déjà proposé à quelqu’un qui voulait m’emmener faire une prise de sang : aucun problème, quand vous voulez, puisque visiblement nous en sommes arrivés au stade où je devrais prouver à des inconnus sur Facebook ce que je mets ou non dans mon organisme, allons jusqu’au bout de l’absurde

    Mais ce soir, je n’ai même pas vraiment envie d’être sarcastique

    Parce que ce qui me sidère surtout, c’est de voir tout ça écrit tranquillement, avec des noms et des visages, sur un groupe public, pas dans une conversation privée qui aurait dérapé, non, publiquement, et sur un groupe dont le maire de Vierzon est, qui plus est, membre

    Je ne lui attribue évidemment pas les propos des autres, mais quand on est maire d’une ville, peut être qu’on devrait malgré tout regarder un peu ce qui prospère dans certains espaces auxquels on choisit de s’associer

    On peut me détester, on peut détester Vierzonitude, on peut trouver tout ce que j’écris insupportable, on peut penser que j’ai tort sur absolument tout, je n’ai aucun problème avec ça, au contraire mais je refuse qu’on fasse croire que ce que je vois ici relève d’un débat politique

    Ce n’est pas un débat

    Une remarque sur mes seins n’est pas un argument, une attaque sur mon physique n’est pas une opinion politique, une insinuation sur l’alcool ou la drogue n’est pas une contradiction et rire à plusieurs pendant qu’on humilie quelqu’un ne transforme pas l’humiliation en humour

    Ce soir, oui, ça m’a fait mal

    Je ne vais pas jouer à la femme invincible simplement pour ne pas leur donner cette satisfaction, oui je suis blessée, profondément même, parce qu’à force de lire des choses pareilles on finit forcément par se demander jusqu’où certaines personnes sont prêtes à aller simplement parce qu’elles n’aiment pas ce que vous écrivez

    Mais demain mes idées seront toujours les mêmes et ma voix sera toujours là, je continuerai à faire une chose que certains semblent avoir complètement oubliée, combattre des idées sans avoir besoin de piétiner les êtres humains qui les portent

    Parce qu’au bout du compte, c’est peut être là que se situe la différence la plus importante

    Signé : La moche, droguée, alcoolique, limite aguicheuse

    in On en a gros !
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