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    Nos vies, nos corps, nos choix

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  • 6 septembre 2026 par
    RB & B
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    Il aura suffi d’une publication du maire sur le nom d’une école (publication sur laquelle je reviendrais) pour qu’un soutien vienne m'expliquer qu’une femme devrait pouvoir avorter « seulement en cas de viol »

    Et qu’on ne vienne surtout pas m'expliquer que ce genre de discours tombe du ciel ! Il s’inscrit en plein dans une vieille tradition politique de l’extrême droite sur les droits reproductifs des femmes, culpabiliser, conditionner, restreindre

    Marine Le Pen parlait encore en 2012 d’« avortements de confort » et envisageait d’en limiter le remboursement, quelques années plus tard, Marion Maréchal défendait elle aussi un retour sur le remboursement intégral de l’IVG

    Et lorsque la liberté de recourir à l’IVG a été inscrite dans la Constitution en 2024, le RN n’a même pas présenté un front unanime, non, sa représentante au Congrès annonçait elle même que les parlementaires du groupe voteraient selon leurs convictions, tout en relativisant la nécessité de constitutionnaliser cette liberté

    C’est toujours la même mécanique, on commence par expliquer qu’on ne veut pas supprimer le droit, simplement l’encadrer, puis qu’il faudrait distinguer les IVG acceptables des autres, les femmes responsables des irresponsables, celles qui auraient une « bonne raison » d’avorter de celles qui devraient assumer

    Et au bout de cette logique, il y a exactement cette phrase : « seulement en cas de viol »

    Voilà donc où on en est

    Encore un homme qui considère que notre corps serait un territoire sur lequel il pourrait fixer les règles

    Violée ? Bon, peut être qu’on vous accordera le droit de choisir

    Pas violée ? Alors débrouillez vous et assumez  ! 

    C’est ça, derrière le fameux « il y a assez de contraceptifs pour ne pas tomber enceinte » 

    Cette phrase, on la connaît par cœur hein, elle veut dire : tu as couché, maintenant paie les conséquences

    Parce qu’au fond, pour certains, la grossesse reste une punition acceptable de la sexualité des femmes, eh bien non, désolée de vous décevoir !

    Une grossesse n’est pas une sanction, une maternité n’est pas une peine et t une femme n’a pas à avoir été violée pour mériter de disposer de son propre corps, elle n’a même pas à vous fournir une raison !

    C’est peut être ça qui dérange le plus

    Une femme peut simplement ne pas vouloir être enceinte, point

    Et puis arrive le mot : « assassinat », pratique n'est ce pas ?

    On commence par vouloir limiter leur liberté, puis on culpabilise celles qui l’exercent, les femmes qui ont avorté seraient donc des meurtrières ? Votre sœur peut être, votre amie, votre collègue, votre fille, elles ne vous doivent absolument aucune explication ! 

    Alors oui, à force, nous sommes en colère, parce qu’en 2026, y'en a assez de voir des hommes se comporter comme s’ils siégeaient au conseil d’administration de nos utérus

    Notre corps n’est pas un débat public bordel ! Vous pouvez être contre l’avortement, très bien, n’avortez pas, mais gardez vos interdictions, vos leçons de morale et vos autorisations pour votre propre vie

    Nous ne sommes ni vos ventres, ni vos couveuses, ni vos propriétés

    Et surtout : NOUS N’AVONS PAS BESOIN D’ÊTRE VIOLÉES POUR AVOIR LE DROIT DE CHOISIR

    Nos corps, nos vies, nos choix et ceux que ça dérange vont devoir s’y faire

    N'oublions jamais qu'un droit que certains veulent recommencer à conditionner est un droit qu'ils recommencent déjà à attaquer

    in Les chroniques de l'hystérique
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