"Et tout cela pour un verbe!!!", lit-on de la plume d'un soutien fervent du maire nationaliste de Vierzon, à propos de cette expression désormais fameuse de Yannick Le Roux qui écrit avoir "fourni" une suppléante au candidat R.N pour les Sénatoriales.
Oui, pour un verbe, et quel verbe, il y autant de réactions.
Les idolâtres du maire ont cela en commun, ils ont "la révolte à géométrie variable" pour reprendre la juste expression d'une internaute. Parce que pour les contempteurs de la gauche, rien n'est trop scandaleux pour la clouer au pilori.
Mais quand une expression issue de leurs rangs déborde des standards de la bienséance verbale, tout de suite, il y a un barrage idéologique qui se dresse. Et mieux, un détournement d'attention.
"Je pense qu'il arrive un moment où il faut arrêter de s'insurger pour des conneries comme cela", ajoute cette personne.
"Des conneries comme cela", une marque méprisante d'un homme envers une femme, (puisque la suppléante est une adjointe au maire) est considérée "comme une connerie comme cela".
Mais comment peut-on en arrivé là ? Comment peut-on s'insurger contre des mots parce qu'ils viennent de la gauche et ne pas reconnaître une bévue quand elle vient de son propre camp ?
Cette phrase en accompagne d'autres et pour disqualifier un peu plus le fameux verbe incriminé, parce qu'il faut bien forcer le trait, on en vient à parler d'autre chose, histoire de montrer que la gauche, ces gauchiasses irrespectueux, ont aussi des choses à se reprocher.
Cela montre qu'à l'extrême droite, la parole du chef est inattaquable, il pourrait dire les pires mots, même acquiescer, comme ce fut le cas, à un message misogyne qui disait que les femmes de droite sont plus jolies que les femmes de gauche, il y a une levée de bouclier pour protéger le chef.
Et ne pas reconnaître les erreurs de son propre camp, considérer que nous ne devons pas réagir aux propos de l'extrême droite parce qu'ils viennent de l'extrême droite, c'est imposer qu'une parole a plus de valeur qu'une autre, et on le voit bien, la parole d'extrême droite, dans la bouche de ses admirateurs, a plus de valeur que la parole des gens qu'ils cataloguent de gauche, de communistes pour la simple et bonne raison, qu'ils sont identifiés comme opposants.
Pour la simple et bonne raison qu'ils n'émanent pas de leur propre camp.
La dictature de la pensée commence par le pouvoir des mots. Et non, "fournir" une suppléante, ce n'est pas qu'un verbe, c'est un asservissement.
On peut utiliser le verbe "fournir" mais pas dans ce cas-là.
Comme le mot "détail", il n'allait pas avec "l'histoire", vous savez "le détail de l'histoire"