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    La tarte à la crème des messages de modération

    Quand la mairie entretient sciemment un climat délétère
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  • La tarte à la crème des messages de modération
  • 14 août 2026 par
    RB & B
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    Le 5 août dernier, après une discrète remontrance des services de l'Etat à la mairie de Vierzon, un message de modération des commentaires sur le site de la ville de Vierzon, réapparaissait, après avoir été supprimé lors de l'arrivée de l'extrême-droite. 

    "[commentaires sous les publications]Aucun propos outrancier, raciste, homophobe ou insultant ne doit être tenu. Chacun est invité à s’exprimer dans le respect des personnes et dans un esprit de dialogue. Ensemble, faisons de Vierzon une ville apaisée." 

    Un autre message fleurissait sur la page officielle du maire Yannick Le Roux :


    Première constatation : les deux messages n'ont pas été épinglés en haut des pages, ce qui signifie qu'ils sont désormais invisibles, recouverts par d'autres publications, donc ils sont inutiles.  

    Modérer les commentaires n'est donc pas une farouche volonté de son maire et de la mairie. Il est facile de comprendre pourquoi.

    Deuxième constatation : la nature des commentaires échangés n'a guère évolué dans le bon sens. La guerre entre les pro-extrême-droite et les anti-extrême-droite fait toujours rage, ce qui est sain en démocratie, à partir du moment où un camp comme l'autre, se respecte. Ce qui n'est pas le cas. 

    Troisième constatation : la modération exercée n'est pas équitable puisqu'elle privilégie la proéminence de messages hostiles à l'opposition. 

    Un internaute de façon ironique, sous l'un des messages de modération, se demande s'il pourra toujours traiter les opposants de "gauchiasse"...

    Un autre internaute avait commenté deux messages hors sujet visant des personnes en particulier, sans rapport avec la publication. Le dit message a été supprimé, mais pas les deux autres...

    Cette modération punit les commentaires d'opposants, laisse apparaître les réponses à ces commentaires supprimés, ce qui ne veut plus rien dire ! Et pire, cette méthode accentue le côté "agressif" de certains commentaires d'opposants qu'on imagine ainsi invectiver gratuitement.

    Dans un dialogue, on ne retire pas les répliques qui nous arrangent, ou alors on retire le dialogue en entier !

    Quatrième constatation : la mauvaise foi est de rigueur. Un internaute dont le profil a été bloqué a du s'en créer un nouveau pour pouvoir laisser un commentaire sur la page officielle du maire. 

    "La seule interaction que j'ai eue a été une simple réaction avec un smiley sur l'un de vos posts, réaction qui, visiblement, ne vous a pas plu", explique cet internaute.

    Réponse du maire :

    "Mais je préfère encore un message vindicatif, contradictoire, plutôt qu’un , qui signifie souvent moquerie, ou dédain, alors que le post est sérieux, à mon sens"

    Fabuleuse sortie sémantique quand on sait que 

    1 - les messages vindicatifs et contradictoires sont en général mal venus

    2 - tous les soutiens du maire utilisent cette même technique pour décrédibiliser une publication ou un commentaire. 

    Cinquième constatation : le maire réduit au maximum le champ de ses opposants à la seule existence de Vierzonitude et de ses administrateurs. Selon lui, nous attiserions la haine. 

    C'est refuser de considérer les nombreux commentaires hostiles à sa politique (en dehors de ceux de Vierzonitude) et les différentes oppositions, (dont la première est politique avec les élus qu'il qualifie de "minorité"), nées après le 22 mars dernier, structurées en association, en comité, en collectif, en individuel.

    C'est aussi tenter de prouver qu'il n'existe justement pas d'opposition massive en réduisant la portée de l'opposition à seulement deux personnes.

    Tant sur sa page officielle que sur la page de la ville de Vierzon, les opposants sont bloqués et pas toujours pour les bonnes raisons. Car si l'on regarde de très près la nature des commentaires des soutiens, ceux-là sont encore très agressifs. 

    A l'image de ce celui-ci :

    Comme quoi, ce n'est pas de simples trous dans la raquette mais la méthode de modération pratiquée par la mairie reflète une volonté déterminée de se débarrasser de certains commentaires et pas d'autres. 

    Et surtout, de laisser ses soutiens en première ligne contre les opposants. le maire ne se salit pas les mains et apparaît auréolé de sagesse... 

    La blague.

    in Politique Vierzonnaise
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    Le chien court avenue d'Antrioche qui se jette, à pleine bouche, dans la mer. La nuit suinte encore la sévère chaleur du jour. Tu viens d'obliquer sous ton drap léger. Tu enfonces sous tes paupières la brutalité de ta fatigue jusqu'au désir de dormir longtemps, lourdement, pendant cette nuit de garde, constellée d'incertitudes.

    Le chien court avenue d'Antioche.

    La truffe dressée dans l'heure tardive. Entre la lune qui veille ceux que le sommeil déserte et la lune qui recouvre ceux que le sommeil harasse. Tes seins hérissent l'absurde nudité de ta solitude. Et mes pas, même doubles, sur la route fumante des degrés Celsius en trop, peinent à suivre la marche de l'animal devenu d'un coup sans compagnie. Je cherche une histoire à sécher sur l'estran. Embarcation de mots prête à prendre la marée. Le néant. Encore un jour sans rien, un jour sec et grillé sous le soleil infernal. A chercher le sens des courants capables d'irriguer mes frissons vers une hypothétique fraîcheur humaine.

    Le chien court avenue d'Antioche.

    Le nez collé à l'esprit du bitume. Stupidité mécanique rythmée par son instinct. Ton souffle, je le sens voler sur mon torse, sur mes lèvres, sur mes doigts, sur ces parties de moi que ta bouche régale. Je ne sais pas que le bonheur, aussi, se cristallise sur des parois improbables, sur la surface du sommeil, de l'aube, du silence à peine habité. Derrière le rideau de la nuit, mes yeux ouverts comme des trappes, cherchent toujours à décomposer la formule chimique de l'obscurité. Tu m'as dit détester ton biper dans la nuit. Ce hurlement soudain t'arrache des sueurs, te griffe la peau embuée de tranquillité. Cri strident, appel à la peur, risque à courir.

    Le chien court avenue d'Antioche.

    Je traîne, aveugle, ma vie barbouillée vers tes bras, vers ta peau qui dompte avec élasticité mes exercices de style. Je me trouve beau face à tes rires, face à ces compliments dont tu me distingues. Tu souris, tu dors, tu souris en dormant, d'une tendresse frappante. Je ne sais pas ces détails livresques de ton intimité. Je ne sais pas tout.

    Le chien court gaiement avenue d'Antioche.

    Tu m'as dit, cette nuit-là, avoir curieusement aimé la sonnerie de ton biper. Tu as entendu comme la musique d'une échéance. Une étrange douceur encercler ton habituelle angoisse. Une lueur sans besoin d'explication. Je regarde le ciel avec des rides aux yeux et de la pluie dedans. L'eau glisse toujours rapidement sur la terre sèche. J'ai surtout peur d'avoir trop peur en vol. Mes mains battent l'air d'un stupide scénario. Tu baignes dans ton lit, pour quelques minutes encore. Jamais je n'aurais pensé caresser ta géo-politique avec des gestes pointillés sur tes frontières mouvantes. J'habite tes continents comme dans des chambres d'hôtel avec ce même étonnement d'être ici et partout.

    Le chien court avenue d'Antioche.

    Avec une obstination délibérée à s'éloigner de sa seule autorité en l'occurrence moi. J'attends en vain un réflexe particulier pour me croire pareil à tous les autres, ou du moins à une grande majorité. C'est-à-dire habiter d'une autre qui n'a pas encore tes traits mais dont je ressens la fiction comme une approche acceptable de la réalité. Je ne sais vraiment rien de rien. Tu viens de repousser le drap à la hauteur de ton ventre. Je suis fasciné par son attraction. Ta main s'y est posée comme une aile. Je pose la mienne avec la précaution du secret. Dans quelques minutes, ton biper t'attachera à la terre ferme.

    Le chien court avenue d'Antioche.

    Dans le silence stupide d'une nuit remplie d'arrière pensées. Je suis derrière, le coeur battant, pressentiment fragile du drame à venir. Il y a un virage, une voiture, un chien courant avenue d'Antioche et combien de possibilités mathématiques pour que ces trois éléments se percutent en même temps ? Ton biper dresse ton corps nu. Je t'aime ainsi. Quand ma bouche contacte ta peau humide, de l'oreille à ton cou, du cou à tes seins, de tes seins au reste de la galaxie.

    Le chien ne cour plus avenue d'Antioche.

    Mais la voiture perce la brutalité de la nuit sans avoir ralenti. Tes yeux savent les miens, gourmands au bord, amoureux au centre, tristes au fond. Je me mets à courir vers la mer meurtrière. La route digère déjà une ombre massive, sans oscillation visible. Les matières inertes sont sans pitié entre elles.

    Je cours avenue d'Antioche essoufflé de désespoir.

    Ton biper tue finalement ton sommeil. Il te plonge dans la lumière de ton appartement. Exposée à l'évidence du jour à venir. Je suis seul avec mon chien et son doute de vie dans les poils.

    Je ne peux plus courir avenue d'Antioche.

    Mes bras sont lourds d'une vie trop légère. J'aime tes bras autour de moi. C'est une certitude d'existence. Et tes mots à tête chercheuse scrute mon plaisir à la façon d'une science.

    Mon chien sent déjà la mort mouillée avenue d'Antioche. Je te vois poser ton corps amant contre mon corps grossier.

    Le chien ne court plus avenue d'Antioche.

    Mais la mer ne s'est pas arrêtée pour autant. Tu m'accueille avec mon regard affolé, ma tête d'insomniaque et mon paquet de chien déjà timbré pour la mort. Je le pose comme à tes pieds, offrande inutile pour le reste de la vie à venir. Nos regards comprennent avant notre conscience respective l'étendue de ce voile qui nous recompose. Je ne murmure rien. Je soupire juste le cubage du drame. Comme si je retirais l'existence à mon existence. Nous sommes de chaque côté de la bête.

    Tu me souris quand même. C'est plus fort que toi. Je te réponds, c'est crucial pour moi. Le chien nous quitte. Sans forcer la souffrance dont il se débarrasse pour courir plus vite avenue d'Antioche, probablement, ou sur d'autres avenues moins fréquentées. J'entends ta voix humaine au-delà de l'au-delà animal. Tu me demande son nom. Il s’appelle Hasard. Tu ne me crois toujours pas. C'est pourtant vrai.

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