Voilà qu'au détour des réseaux sociaux, en réponse à une question posée par un internaute, "Monsieur le maire, incluez-vous le racisme anti-blanc ?" dans le cadre du message de tolérance diffusé sur sa page officielle, le maire nationaliste de Vierzon reconnaît, sans sourciller, l'existence d'un racisme anti-blanc.
Pour lui, c'est une évidence. "Puisque factuellement, il existe bel et bien."
"Factuellement", c'est-à-dire, basé sur des faits réels, prouvés et vérifiables.
Mais on a pu constater que le "factuellement" du maire pouvait révéler des failles.
Car quand "factuellement", il se filme devant le parc de jeux pour enfants, lors de sa campagne, au bout du jardin de l'Abbaye, prétextant que "plein de gens et plein de groupes [qui] traînent ici.. Les familles n'ont pas envie de venir ici. Les gens n'osent pas venir profiter de ce parc qui est un peu délabré mais qui pourraient profiter à des familles vierzonnaises", il ment.
Après vérification lors d'une belle journée ensoleillée, le parc était fréquenté par les enfants de "familles vierzonnaises".
Car que veut-il dire quand il cite: "des familles vierzonnaises", terme opposé à "plein de gens et plein de groupes" ? Ce n'est pas très difficile à comprendre pourtant, dans "familles vierzonnaises", il faut y voir des familles "blanches", qu'on oppose forcément, aux "gens" qui fréquentent aussi ce jardin.
Si le maire reconnaît l'existence d'un racisme anti-blanc dans la société, il ne voit pas la poutre raciste dans son œil. Et pourtant.
Le racisme anti-blanc fait encore l'objet de débat, ravivé par la récente décision de la justice qui dans le cadre du meurtre de Thomas, à Crépol, en 2023 a retenu "la circonstance aggravante de racisme visant « la [prétendue] race blanche et la nation française », écrit le Monde.
Le racisme anti-blanc n'existe pas si l'on se base sur une définition sociologique du racisme. Il n'est pas seulement une injure ou un rejet individuel, mais un système de domination globale enraciné dans l'histoire (esclavage, colonisation).
Cet enracinement place historiquement et structurellement les personnes blanches en position de pouvoir et les minorités non blanches en position d'infériorité ou d'exclusion.
" La loi du 1er juillet 1972, dite loi Pleven, poursuit le Monde, la première grande loi en matière de racisme en France, a été à l’époque pensée principalement pour lutter contre le racisme envers les immigrés d’Afrique subsaharienne et du Maghreb, et pas du tout en imaginant que les Blancs pouvaient en être victimes, c’est certain.
Néanmoins, explique Evan Raschel, professeur de droit spécialiste des questions liées au racisme, le législateur a été très attentif, dans la rédaction du texte, pour respecter le principe d’universalisme et a veillé à ce qu’aucune catégorie de personne ne soit exclue : la loi vise une « prétendue » race, une ethnie, une nation ou une religion, mais ne précise jamais laquelle."
La justice "a donc retenu un contexte de haine raciale – et cela suffit pour que la circonstance aggravante soit applicable –, et non la haine raciale comme mobile, contrairement à ce que des médias et certaines personnalités d’extrême droite relayent."
Or, la notion de racisme anti-blanc ne doit pas servir à occulter le racisme décomplexé qui s'est libéré, à travers les mots, depuis la campagne des élections municipales à Vierzon. Il ne justifie aucunement son existence, jusque dans les plis de la société vierzonnaise, à couvert ou à découvert.
Nous espérons que, dans une prochaine publication, le maire de cette ville nous expliquera sa notion de racisme anti-blanc, autrement que par le prisme de sa propre idéologie.
Pour réponse, un internaute a écrit ceci :
"Bizarre... J'ai encore jamais entendu un blanc se voir refuser un emploi parce que blanc. Ni l'entrée d'une boîte de nuit parce que blanc..."