La campagne des élections municipales venait de démarrer que le candidat devenu maire déposait déjà une plainte.
Motif : Vierzonitude et ses administrateurs l'auraient traité de "facho".
Faux : nous avions écrit, à propos de son pseudo-programme "du facho, rien de nouveau". Nuance. La plainte a été classée sans suite.
Les hostilités étaient donc ouvertes, le candidat devenu maire avait décidé de judiciariser sa campagne, de dresser autour de sa personne un cordon sanitaire empêchant toute critique de sa politique. L'exemple qu'il souhaitait donner est tombé à l'eau.
Depuis cette première salve, on ne compte plus les plaintes des deux camps, les pro et les anti. Les réseaux sociaux fournissent le gros des motifs.
En cinq mois depuis l'élection de cette nouvelle majroité, et plus longtemps en comptant la campagne, Vierzon s'est transformée en OK Corral ou Duels au soleil, au choix. Les confrontations ont même glissé des réseaux sociaux jusqu'aux pavés de la ville.
Par l'entremise d'une extrême-droite qui se dit "décomplexée", certains ont compris qu'ils pouvaient alors dire n'importe quoi, sur n'importe qui, sans filtre, en toute impunité, sans saisir les nuances parfois subtiles.
Les réseaux sociaux sont un univers dans lequel ne pénètrent pas les forces de l'ordre avec leur véhicule. Autant un tapage nocturne se règle avec un coup de fil au 17 et une intervention de la patrouille. Autant, des dommages causés par les réseaux sociaux ne peuvent pas être stoppés dans la foulée.
Alors, les plaintes s'entassent. Elles font perdre un temps précieux aux officiers de police judiciaire qui ont d'autres urgences sur le feu mais dès que la mairie de Vierzon est ne serait-ce qu'indirectement impliquée dans une plainte, cette dernière est prioritaire.
Ces jours-ci, le commissariat de Vierzon a ainsi entendu des personnes mises en cause, et le climat se détériore un peu plus.
Y-aura-t-il bientôt une zone de non-droit où les étiquetés "gauchiasses" entreront d'un côté et les étiquetés "extrême droite" entreront de l'autre, sur une place de la ville pour éviter que leurs regards ne se croisent ?
C'est cela qu'est devenue Vierzon ?
Une ville où les uns toisent les autres parce que les convictions politiques se heurtent, non pas dans le respect mais dans l'invective permanente ?
Où certains confondent la liberté d'expression avec la liberté de harceler et de diffamer, de dire les pires choses qui soient pour frapper et blesser, faute d'arguments ?
Où l'on attaque le physique, le métier, la famille ?
Où on lance des rumeurs ?
Où certains ne font pas la différence notable entre la critique d'une politique (celle de l''extrême droite menée à Vierzon) et d'une fonction (celle de maire qui applique cette politique) avec la diffamation d'une personne ?
Où le maire lui-même considère que Vierzonitude et ses administrateurs font, selon lui, "monter la haine depuis le 4 septembre, alors que l’opposition politique se comporte parfaitement de façon démocratique et respectueuse ?"
Où le maire ajoute : "estimez vous normal que, parce que bloqué, je ne puisse pas répondre aux quatre-cinq attaques quotidiennes depuis bientôt un an dont je suis la cible par Monsieur R.B ?"
Faux puisque c'est "Yannick Le Roux maire de Vierzon" qui interdit aux administrateurs de Vierzonitude et à Vierzonitude tout accès à sa page.
Et ce n'est pas, répétons-le, "Yannick Le Roux, alias Zlat Yann" qui est visé mais "Yannick Leroux, maire de Vierzon".
Contrairement à certains commentaires de ses soutiens, Vierzonitude ne s'en est jamais pris ni à son physique, ni à sa vie privée, ni à sa famille mais toujours à son action de maire de Vierzon, à travers ce qu'on lit sur sa page, sur celle de la ville de Vierzon et à travers la presse.
Il va falloir que la majorité s'habitue à être critiquée pour ce qu'ils font mal, pour ce qu'ils ne font pas. Après tout, n'est-elle pas toujours en train de comparer son action avec celle de la majorité précédente et pas du tout en termes courtois ?
Ne supporterait-elle pas qu'on lui fasse ce qu'elle fait aux autres mais qu'elle nous interdirait pour elle-même ?
Allons, il semble que vous ayez tous passés l'âge de réagir comme dans une cour d'école. Vous avez une ville à gérer, pas de comptes à régler entre cow-boys et indiens auxquels vous avez dû sans doute jouer...
Mais vous avez grandi, non ?